Marie et Damien
Marie et Damien préparant des Maultaschen
Margaux et Pablo
Pablo n'a pas hésité à mettre la veste pour donner un coup de main aux lauréats Edition #3
Petite partie de pétanque au siège des vergers Boiron
Quand Pablo est au micro
Avec le parrain de la promotion Michel Chabran

 
 
Mercredi 27 juin, les trois lauréats du Trophée Jeunes Talents Boiron Frères #3 – Margaux Bréhier, Marie Fourmont et Damien Rousset – se retrouvent après une année de voyage dans le labo des vergers Boiron à Valence. C’est l’ultime étape de la formidable aventure qu’ils viennent de vivre depuis un an, parcourant trois pays d’Europe en côtoyant des univers humains et gastronomiques extraordinairement différents. Leur mission du jour : partager leurs acquis, en préparant un buffet champêtre pour l’ensemble des collaborateurs des vergers Boiron, pour le lendemain à midi.

 

Les trois jeunes cuisiniers sont très concentrés, en train de préparer les bases pour les six pièces salées et les quatre sucrées du menu (voir le menu complet). Margaux intègre de l’encre de poulpe dans un pain « puff » qu’elle garnira plus tard avec une crème de saumon à l’aneth, hommage à la Norvège. Marie prépare une glace à l’huile d’olive pour aider Damien à réaliser une verrine de betterave et de cassis, clin d’œil à son passage en Allemagne. Damien à son tour donne un coup de pouce à Marie pour couper et caraméliser les oignons, ingrédient clé du plat fétiche de Marie : les Maultaschen, raviolis farcis à la viande, inspirés de son passage en Allemagne.

 

Premier constat, ces trois jeunes, qui sont de retour en France que depuis quelques jours et qui n’ont jamais travaillé ensemble, se sont organisés tout naturellement en véritable brigade, s’aidant les uns et les autres pour arriver au meilleur résultat. « La cuisine est un travail d’équipe. C’est une des principales leçons de notre voyage », déclare Damien. Les trois jeunes lauréats travailleront ainsi, en étroite collaboration, jusqu’à la fin de la soirée pour préparer le repas du lendemain.

 
 


 

Chaud devant !
Retour donc à la cuisine le lendemain matin très tôt. Margaux, Marie et Damien repartent pour leur course contre la montre. Les trois lauréats du Trophée Jeunes Talents #3 travaillent en (presque) parfaite harmonie, préparant simultanément du magret de canard à la mangue et au café, des macarons au brown cheese norvégien, tout en revisitant la célèbre Forêt noire… le tout interrompu d’interviews vidéo à la presse pour la postérité.
Le temps passe et inévitablement, les trois cuisiniers subissent quelques couacs. Marie réalise qu’elle a complètement oublié ce que lui avait appris Werner, son grand-maître cuisinier en Allemagne, devenu aujourd’hui son grand-père culinaire par adoption. « Je n’arrive pas à retrouver ce petit geste qu’il faisait pour bien farcir la pâte des Maultaschen. Ça fait trois fois que je recommence et je n’y arrive toujours pas ! » Soudain, Marie a un flash. « C’est ça, s’exclame-t-elle, il faut les farcir avec le petit doigt. Werner serait fier de moi ! » Ouf, c’est reparti.
C’est au tour de Margaux de connaître quelques difficultés. Elle vient de brûler le chocolat blanc de sa Forêt-Noire. Comme Marie, elle a dû s’y reprendre trois fois et, finalement, c’est la délivrance !
Mais attention, l’heure tourne. Il est presque midi, les invités vont bientôt arriver.

 

Mettre la main à la pâte
Oh surprise ! Un sous-chef fait éruption dans cette dernière ligne droite, il s’agit de Pablo Leveau, lauréat du Trophée Jeunes Talents #2. Venu se rendre compte de leurs progrès et partager ce moment de bonheur qu’il avait vécu lui-même, il ne peut s’empêcher d’enfiler la veste et le tablier pour leur donner un coup de pouce. Au même moment, plusieurs invités proposent à leur tour d’aider les cuisiniers, en dressant le buffet, dans une ambiance de repas de famille.
Les lauréats mettent les bouchées doubles et, vers 12h30, comme espéré, les convives se régalent de ces nouvelles expériences culinaires, insufflés des meilleurs souvenirs des jeunes chefs voyageurs !

 

Après l’effort, le réconfort
Il est 14h30. Tout s’est très bien passé. Tout le monde repart, ravi de ce moment de partage. « Juste après le repas, nous nous sommes finalement assis et c’est là que nous avons réalisé que le rêve touchait à sa fin, déclare Marie. Notre conversation a tourné autour des valeurs que nous avions apprises, à savoir le respect du travail bien fait, le partage et la transmission des savoir-faire. »
« Sans oublier le plaisir », renchérit Margaux. Après ce déjeuner bien mérité, les trois lauréats du Trophée Jeunes Talents #3, en équipe avec Pablo, se lancent dans une partie de pétanque improvisée avec trois collaborateurs de l’entreprise, rejoint par Alain Boiron.

 

Dîner privé chez un chef étoilé
Pour clore la journée avec style, les quatre lauréats et l’équipe du Trophée Jeunes Talents, se rendent à Pont de l’Isère, au restaurant étoilé du chef Michel Chabran, le parrain de la promotion #3. Avant de passer à table, Michel Chabran leur sert un apéritif tout en douceur et les emmène dans son jardin secret : son potager. « Nous sommes gâtés dans cette région. La nature nous apporte des bonnes choses toute l’année. On a qu’à tendre la main et à respecter ces produits incroyables », dit-il. Ce grand chef, qui a passé la journée au Monastère de la Grande Chartreuse, est clairement ému. « On nous dit souvent que notre métier est difficile, déclare cet homme qui a 58 ans de cuisine derrière lui, mais c’est rien par rapport au dévouement de ces moines qui passent leur vie à travailler la terre, à méditer et à réfléchir dans un silence quasi total. »

Michel Chabran leur fait part de ce qu’il a appris pendant ses longues années devant les fourneaux. « Nous avons de la chance puisque notre travail nous donne l’occasion de faire plaisir aux autres, mais aussi de se faire plaisir et de s’amuser. Il faut une belle osmose pour donner du bonheur aux gens. »
« Puis, quand on arrive à mon âge, il n’y a rien de plus gratifiant que de transmettre son savoir-faire à d’autres. C’est une des valeurs essentielles que je partage avec l’entreprise Boiron Frères. C’est aussi le legs que Paul Bocuse nous a laissé : redonner la clé des cuisines aux cuisiniers, un élément crucial dans cette époque où tout devient financier. Le comble pour moi, dans cette maîtrise de notre destin, c’est que mon fils est aujourd’hui à mes côtés en cuisine. »

Émus, les jeunes lauréats boivent littéralement ses paroles. Un dernier conseil, gravé à jamais dans leurs têtes : « Restez libre. Trouvez un endroit qui vous convient, de préférence là où la nature est féconde, et faites-vous plaisir en restant vous-même ! » Une belle leçon de vie pour terminer ce voyage et repartir vers de nouveaux horizons au cœur du monde de la cuisine.

Date de dernière mise à jour: 11 octobre 2018